Les kayaks pliants Jean Chauveau ont la réputation d’être solides, bien finis et durables. Nombre d’entre eux naviguent encore, parfois après plusieurs décennies et une restauration. Cette page présente les caractéristiques de cette production, à partir des sources disponibles et des bateaux qui nous sont parvenus.
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Elle complète le portrait de Jean Chauveau, l’histoire du logotype et le catalogue des années 50.
Une structure en bois
La structure des kayaks Chauveau associe le frêne et le contreplaqué marine. Selon la page héritage de Nautiraid, l’une des innovations de Jean Chauveau fut d’utiliser des baguettes de frêne de section carrée plutôt que ronde, et des hiloires collées, une technique empruntée aux raquettes de tennis de l’époque. Le résultat est une structure plus rigide que celle de nombreux concurrents. Les couples en contreplaqué donnent la forme de la coque, et les baguettes, reliées entre elles, tendent la peau.
Une quincaillerie en laiton
Les pièces métalliques anciennes étaient en laiton ou en bronze : supports, systèmes de tension de la structure, liaisons entre les couples et la peau, vis et boulons. Ces métaux résistent bien à la corrosion marine. Ils ont été remplacés plus tard par de l’inox, selon la même source. Sur un bateau ancien, l’état de ces pièces est un bon indicateur de l’entretien passé.
La peau
Les ponts étaient en toile de coton lourde, la coque en toile enduite. Le coton avait l’inconvénient de s’alourdir une fois mouillé et de devoir sécher longuement avant le pliage. Les peaux modernes, en matériaux synthétiques, ont remplacé ces toiles. Il n’est pas rare de voir une structure Chauveau d’origine habillée d’une peau récente, bel exemple de continuité entre les époques.
Le brevet d’insubmersibilité
Dans les années 1960, Jean Chauveau dépose un brevet de boudins gonflables placés à l’extérieur de la peau, au-dessus de la ligne de flottaison. Une fois gonflés, ils rendent le kayak insubmersible, améliorent la tension de la peau et augmentent la stabilité. Le Carré des canotiers mentionne ce brevet, qui équipe les grands biplaces destinés à la mer.
La voile
Certains kayaks Chauveau pouvaient recevoir un gréement de croisière, avec une voile de type houari, des dérives latérales et un gouvernail relevable. Ces ensembles transformaient le biplace en petit voilier. Sur un bateau restauré, le positionnement des dérives par rapport au centre de gravité est essentiel pour qu’il remonte au vent. Les chroniques de restauration racontent la remise en état de l’un d’eux, et notre page sur les kayaks à voile donne des conseils généraux.
Les accessoires
- Des pagaies à manche en bois ou en métal léger, fournies avec les kayaks.
- Des sacs de transport pour la structure et la peau.
- Un gouvernail relevable, sur certains modèles.
- Des éléments de gréement pour la voile.
Le catalogue comprenait aussi d’autres embarcations, dont un bateau pneumatique semi-rigide. Les pages consacrées aux catalogues des années 60 en donnent un aperçu.
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Restaurer un kayak ancien
Un kayak Chauveau retrouvé dans un grenier peut souvent reprendre la mer. Vérifiez d’abord l’état du bois : fentes, pourriture, collages qui lâchent. Les pièces de laiton se nettoient et se graissent. La peau d’origine est souvent trop fragile pour naviguer, mais une peau neuve peut être réalisée sur mesure. Ne naviguez pas avant d’avoir testé le bateau dans des conditions calmes, près du bord, avec l’équipement de sécurité requis par la Division 240 du règlement annexé à l’arrêté du 23 novembre 1987 (ministère de la Mer).
Une rareté à l’heure du jetable
Ces kayaks rappellent qu’un bateau conçu pour être démonté, réparé et entretenu peut traverser les générations. Pour les héritiers qui retrouvent le kayak de leurs aînés, c’est une chance de naviguer avec un morceau d’histoire.
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