Chroniques Chauveau-Nautiraid II – 2/3

Après l’inventaire et la documentation, présentés dans le premier volet, vient le cœur du chantier : la rénovation de la structure, des ferrures, de la peau et du gréement. Ce deuxième volet passe en revue chaque élément d’un biplace pliant Chauveau et les précautions à prendre. Le troisième volet sera consacré à l’essai en mer.

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La structure en bois

La structure associe des baguettes de frêne et des couples en contreplaqué marine. Démontez-la entièrement et examinez chaque pièce. Les fentes, les collages qui lâchent et les zones noircies, signe d’humidité, demandent une attention particulière. Une baguette fendue peut parfois être collée et renforcée. Si le bois est pourri, mieux vaut refaire la pièce à l’identique, en reprenant les cotes de l’original. Le frêne reste disponible chez les marchands de bois spécialisés.

Poncez ensuite les anciennes finitions, en douceur pour ne pas modifier les cotes. Les poussières de bois sont dangereuses : l’INRS recommande l’aspiration à la source et le port d’un masque adapté. Appliquez une finition protectrice, vernis marin ou huile, en plusieurs couches fines.

Les ferrures

Les ferrures anciennes, en laiton ou en bronze, ont généralement bien résisté. Démontez-les, nettoyez-les et vérifiez l’usure des pièces mobiles : charnières, systèmes de tension, liaisons entre couples et peau. Remplacez les vis et boulons trop usés par des pièces de même métal ou en inox, en évitant de mélanger les métaux au contact, source de corrosion. Graissez les mécanismes avant le remontage.

Le gouvernail

Le gouvernail relevable, parfois en aluminium, est sensible à la corrosion marine s’il n’a pas été traité. Nettoyez-le, vérifiez l’axe et les fixations, et protégez-le. Les câbles de commande et la platine ont souvent été remplacés au fil des années. Contrôlez leur état et leur réglage : un gouvernail qui force ou qui a du jeu est désagréable et peut casser en navigation.

La peau

La peau d’origine, en coton pour le pont et en toile enduite pour la coque, est rarement réutilisable après des décennies. Le remplacement par une peau neuve, réalisée sur mesure en matériaux synthétiques, est souvent la meilleure solution. Elle doit épouser exactement la structure : fournissez des mesures précises ou confiez la structure à un spécialiste. Une peau bien ajustée conditionne la rigidité et la tenue du bateau à la mer.

Les boudins d’insubmersibilité

Les grands biplaces Chauveau pouvaient recevoir des boudins gonflables latéraux, objet d’un brevet décrit sur la page héritage de Nautiraid. Vérifiez leur étanchéité, les valves et les fixations. Un boudin qui fuit perd tout son intérêt. S’ils sont trop abîmés, des flotteurs modernes peuvent les remplacer, à condition d’assurer une réserve de flottabilité suffisante.

Le gréement

Le mât, la vergue et le gui en bois se rénovent comme la structure. Contrôlez les ferrures du puits de mât et les dérives latérales. La voile ancienne peut être fragile : faites-la examiner par un voilier si nécessaire. Les cordages, eux, se remplacent sans hésiter.

Tenir un carnet de chantier

Notez au fil du chantier les pièces remplacées, les produits utilisés et les difficultés rencontrées. Ce carnet servira lors des prochains entretiens et aidera un futur propriétaire à connaître l’histoire du bateau.

Le remontage

Remontez la structure en suivant votre documentation photographique, sans forcer. Installez la peau, tendez-la progressivement, puis montez le gréement à terre pour vérifier chaque réglage. Un premier montage complet au jardin permet de repérer les défauts avant d’aller sur l’eau.

Le Carré des canotiers rappelle la longévité de ces bateaux. Pour l’entretien courant, consultez notre page sur les kayaks démontables et pliants et notre page sur la réparation.

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