Remettre à l’eau un grand biplace pliant Chauveau, gréé en voilier, est un projet qui passionne de nombreux amateurs de patrimoine nautique. Cette série de trois chroniques suit les étapes d’une telle restauration. Ce premier volet revient sur l’histoire du bateau et sur la préparation du chantier. Le deuxième volet traite de la rénovation, le troisième de l’essai en mer.
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Un biplace devenu voilier
Parmi la production Chauveau, les grands biplaces occupaient une place à part. Conçus pour la randonnée et la mer, ils pouvaient recevoir un gréement de croisière avec une voile de type houari, des dérives latérales et un gouvernail. Dans les années 1960, le brevet de boudins gonflables latéraux les rendait insubmersibles, selon la page héritage de Nautiraid. Après la reprise de l’entreprise en 1981, le biplace a été modernisé et a donné naissance à de nouveaux modèles sous le nom de Nautiraid. Il n’est pas rare de croiser aujourd’hui une structure Chauveau d’origine habillée d’une peau plus récente.
Retrouver un bateau
Beaucoup de ces kayaks dorment dans des greniers et des garages. Ils réapparaissent lors de successions, de déménagements ou de ventes entre particuliers. Avant d’acheter ou de récupérer un bateau, vérifiez qu’il est complet : tous les couples, toutes les baguettes, la peau, les ferrures, et si possible le gréement. Une pièce manquante peut se refaire, mais cela demande du temps et un savoir-faire de menuisier.
Comprendre avant de démonter
La première étape d’une restauration consiste à observer et documenter. Photographiez chaque pièce sous plusieurs angles, notez son emplacement et son sens de montage. Numérotez les éléments au crayon. Cette documentation sera précieuse au remontage, et elle enrichira la connaissance de ces bateaux. Comparez avec les catalogues d’époque, présentés dans le catalogue des années 50 et celui des années 60.
- Recensez les pièces et leur état.
- Identifiez les éléments d’origine et les ajouts postérieurs, comme une platine ou des câbles de gouvernail plus récents.
- Repérez le logo et les marquages, utiles pour dater le bateau.
- Mesurez les dimensions principales pour commander une éventuelle peau neuve.
Faire les bons choix
Restaurer, ce n’est pas forcément tout remettre à neuf. Certains préfèrent conserver un maximum d’éléments d’origine, d’autres privilégient la navigation et remplacent ce qui est usé par des matériaux modernes. Les deux approches se défendent. L’important est de documenter les modifications et de garantir la sécurité du bateau sur l’eau.
La peau d’origine, en coton ou en toile enduite ancienne, est souvent trop fragile. Une peau neuve en matériau synthétique offre une meilleure étanchéité et sèche plus vite. Le gréement, lui, peut souvent être conservé après révision. Le mât, la vergue et les dérives en bois se poncent et se protègent comme le reste de la structure.
Préparer l’atelier
Prévoyez un espace assez long pour assembler le bateau, bien aéré pour les ponçages et les finitions. Les poussières de bois sont nocives : aspirez à la source et portez un masque adapté. Rassemblez les outils de menuiserie, les colles marines, les produits de finition et de quoi nettoyer les ferrures en laiton.
Un projet au long cours
Une restauration complète demande souvent plusieurs mois de travail régulier. Fixez-vous des étapes, et acceptez que certaines pièces réservent des surprises. La récompense, c’est le jour où le bateau retrouve l’eau. Le Carré des canotiers rappelle que de nombreux kayaks Chauveau ont accompagné les voyageurs de l’après-guerre : leur donner une seconde vie, c’est prolonger cette histoire.
Pour les règles d’entretien générales, consultez notre page sur les kayaks démontables et pliants et notre page sur les kayaks à voile.
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