Dans les années 1960, les kayaks pliants Jean Chauveau changent d’horizon. Le constructeur de Saint-Cloud, longtemps tourné vers les rivières, regarde aussi vers la mer. Ses catalogues de la décennie reflètent cette évolution : grands biplaces, insubmersibilité, voile, nouvelles embarcations. Cette page présente ce que l’on sait de cette période et comment exploiter ces documents.
Cette page fait partie du mini-site consacré aux kayaks pliants Jean Chauveau, accessible depuis la rubrique Liens.
Elle complète le catalogue des années 50, l’annonce de presse américaine de 1962 et la présentation de la production.
Le virage vers la mer
Selon la page héritage de Nautiraid, Jean Chauveau quitte dans les années 1960 ses chères rivières pour se tourner aussi vers la mer. Ce changement suit l’évolution des loisirs : vacances au bord de la mer, camping sur le littoral, goût pour la croisière légère. Les grands biplaces deviennent des bateaux de randonnée côtière, capables d’embarquer une famille ou du matériel de camping.
L’insubmersibilité
La grande nouveauté de la décennie est un brevet de boudins gonflables, fixés à l’extérieur de la peau, au-dessus de la ligne de flottaison. Ils rendent le kayak insubmersible, augmentent sa stabilité et améliorent la tension de la peau. La page héritage situe ce brevet dans les années 1960. Pour un usage en mer, c’est un argument de sécurité de premier ordre.
La voile et les accessoires
Les catalogues de la période présentent aussi des accessoires de croisière, comme la voile et le gouvernail. Le biplace devient un petit voilier, capable de remonter au vent s’il est bien réglé. Les chroniques de restauration racontent la remise à l’eau d’un tel bateau.
Avant d’installer une voile sur un kayak ancien, vérifiez la solidité de la structure et des points de fixation. Un gréement mal adapté peut forcer la membrure, surtout par vent soutenu.
Civils et militaires
Les grands biplaces trouvent un autre débouché auprès des nageurs de combat. L’opération Frankton, menée par des commandos britanniques en kayaks pendant la Seconde Guerre mondiale, avait montré l’intérêt militaire de ces bateaux. Chauveau équipe ainsi des unités françaises et étrangères, selon la page héritage. Ces modèles n’apparaissaient pas forcément dans les catalogues destinés au grand public.
Héritage
Ces innovations ont survécu à leur créateur. Après le départ en retraite de Jean Chauveau en 1981, l’entreprise est devenue Nautiraid, qui revendique cet héritage et a poursuivi la fabrication de kayaks pliants. Le dauphin, emblème de la marque selon le Carré des canotiers, reste associé à cette histoire.
L’export
Au début des années 1960, la marque tente aussi de s’implanter aux États-Unis, notamment par des annonces de presse. Lisez notre page sur l’aventure américaine pour en savoir plus.
Lire un catalogue des années 60
- Repérez les modèles destinés à la mer et ceux destinés à la rivière.
- Cherchez la mention des boudins gonflables et des équipements de voile.
- Observez les illustrations : familles, plages, croisière côtière.
- Comparez les ferrures et la forme des pièces avec votre bateau pour le dater.
Comme tout document commercial, le catalogue valorise le produit. Ses données méritent d’être croisées avec les bateaux conservés et les témoignages d’anciens propriétaires.
Naviguer aujourd’hui avec un kayak des années 60
Un biplace de cette époque, bien restauré, peut encore naviguer en mer. Il doit alors respecter les règles actuelles, notamment l’équipement de sécurité prévu par la Division 240 du règlement annexé à l’arrêté du 23 novembre 1987 (ministère de la Mer). Vérifiez l’état des boudins, de la peau et du gréement avant toute sortie, et commencez par des navigations courtes près du bord.
Une page à compléter
Les éditions successives des catalogues de la décennie, leurs dates et la liste exacte des modèles restent à documenter. Vos documents nous aideront à enrichir cette page.
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