Après l’histoire et la rénovation, présentées dans le premier et le deuxième volet, vient le moment attendu : le premier essai en mer d’un biplace pliant Chauveau gréé avec sa voile de type houari. Ce troisième volet décrit comment préparer cet essai, quoi vérifier sur l’eau, et comment régler le bateau pour qu’il navigue bien à la voile.
Cette page fait partie du mini-site consacré aux kayaks pliants Jean Chauveau, accessible depuis la rubrique Liens.
Choisir le jour et le lieu
Pour un premier essai, choisissez une baie abritée, un vent faible et régulier, une mer plate et une eau pas trop froide. Évitez les vents de terre, qui poussent vers le large. Consultez le bulletin de bulletins marine de Météo-France et la marée. Prévoyez une plage de mise à l’eau facile et un retour possible à la pagaie. Lisez notre page sur l’échelle Beaufort pour situer les conditions.
La sécurité avant tout
- Équipez chaque équipier d’un gilet adapté et d’une tenue protégeant du froid.
- Emportez l’équipement exigé par la Division 240 du règlement annexé à l’arrêté du 23 novembre 1987 (ministère de la Mer) selon la distance d’un abri.
- Naviguez accompagné, idéalement avec un autre kayak ou un bateau d’assistance.
- Restez près du bord pendant les premiers bords.
- Vérifiez que les boudins d’insubmersibilité, s’il y en a, sont gonflés.
Les vérifications à terre
Montez le gréement sur la plage et vérifiez chaque élément : fixation du mât, tension des haubans s’il y en a, manœuvre de la voile, fonctionnement du gouvernail et des dérives. Contrôlez la tension de la peau. Répartissez la charge pour que le bateau soit bien équilibré.
Premiers bords
Commencez par pagayer quelques minutes pour vérifier la flottaison et l’étanchéité. Hissez ensuite la voile, par vent arrière ou de travers, les allures les plus faciles. Observez le comportement du bateau : tient-il son cap, tire-t-il d’un côté, gîte-t-il beaucoup ? Les deux équipiers doivent se répartir les rôles : l’un barre et règle la voile, l’autre surveille et aide à la pagaie.
Le réglage des dérives
Un kayak à voile ne remonte au vent que si ses dérives latérales sont bien placées par rapport au centre de poussée de la voile. Si elles sont trop en arrière, le bateau a tendance à abattre et refuse de remonter. Trop en avant, il lofe sans cesse et le barreur lutte en permanence. Après une restauration, le positionnement d’origine n’est pas toujours respecté. Déplacez les dérives par petites étapes et notez chaque réglage.
Ce point illustre une règle générale : un bateau restauré doit être réglé à nouveau. Notre page sur les kayaks à voile détaille les allures et les principes de réglage.
Les incidents possibles
Une rafale peut faire gîter fortement le bateau : choquez la voile sans attendre. Préparez une méthode simple pour affaler rapidement. En cas de dessalage, restez avec le bateau, rendu insubmersible par les boudins ou les flotteurs. Entraînez-vous à la remontée à bord, comme l’explique notre page dédiée.
Après l’essai
Rincez le bateau à l’eau douce, faites sécher la peau avant de plier, et inspectez les ferrures et le gréement. Notez les réglages qui ont fonctionné et ceux à reprendre. Quelques sorties sont souvent nécessaires pour trouver le bon équilibre.
Le plaisir retrouvé
Naviguer à la voile sur un kayak conçu il y a plusieurs décennies procure un plaisir particulier. Le bateau glisse en silence, porté par le vent, comme le voulaient ses concepteurs. La page héritage de Nautiraid rappelle la longévité de ces bateaux, dont beaucoup naviguent encore. Entretenu avec soin, ce biplace pourra accompagner de nouvelles générations de pagayeurs.
Partager vos archives
Vous possédez un kayak Chauveau, un catalogue, une photo ou un souvenir d’époque ? Écrivez-nous. Les documents des lecteurs enrichissent la connaissance de ce patrimoine et nous aident à corriger nos pages. Nous ne publions que ce que nous pouvons vérifier ou attribuer clairement à son auteur. Indiquez si possible la date, le lieu et l’origine du document, ainsi que les conditions dans lesquelles vous acceptez sa diffusion. Les photos de détails, comme les ferrures, les marquages ou les broderies, sont particulièrement utiles pour dater un kayak.
Retrouvez l’ensemble du mini-site dans la rubrique Liens.