Tôt ou tard, tout kayakiste de mer se retrouve à l’eau à côté de son bateau. Si vous ne maîtrisez pas l’esquimautage, il faut savoir remonter seul ou avec l’aide d’un partenaire. Plusieurs méthodes existent. Elles ne s’improvisent pas le jour où l’on chavire : elles s’apprennent et s’entraînent. Cette page présente les principales et les conditions pour qu’elles fonctionnent.
Elle fait partie de la rubrique Techniques. Pour l’esquimautage, consultez notre page dédiée.
Les bons réflexes après un dessalage
- Gardez la main sur votre kayak et votre pagaie. Un kayak dérive vite avec le vent.
- Restez près du bateau. Il est bien plus visible qu’une tête dans l’eau.
- Faites le point : êtes-vous blessé, quelle est la température de l’eau, où sont les autres ?
- Si vous êtes en groupe, signalez-vous et attendez l’aide.
Le gilet d’aide à la flottabilité est indispensable. Sans lui, la remontée devient beaucoup plus difficile et dangereuse.
La remontée par l’arrière
Placez-vous à l’arrière du kayak remis à l’endroit, puis hissez-vous sur le pont arrière, à plat ventre, jambes écartées pour gagner en stabilité. Avancez en glissant jusqu’à l’hiloire. Quand votre bassin se trouve au niveau du siège, glissez les jambes dans l’habitacle, puis tournez-vous lentement pour vous asseoir. Gardez le centre de gravité bas pendant toute la manœuvre.
Une boucle de corde ou de sangle fixée au kayak peut servir d’étrier pour la première poussée. Un petit tube autour de la boucle facilite la prise du pied.
La remontée avec un flotteur de pagaie
Le flotteur de pagaie est un coussin gonflable ou en mousse qui s’enfile sur une pale. Il transforme la pagaie en balancier. Remettez le kayak à l’endroit, fixez le flotteur sur une pale et placez la pagaie en travers du pont arrière, juste derrière l’hiloire. Certains kayaks ont des sangles ou des fixations prévues pour la maintenir. Tenez la pagaie et l’hiloire, appuyez-vous sur le flotteur et hissez-vous sur le pont arrière. Glissez une jambe puis l’autre dans l’habitacle, puis pivotez pour vous asseoir en gardant du poids sur le flotteur.
La remontée assistée
Avec un partenaire, la manœuvre est plus sûre. Le partenaire place son kayak parallèlement au vôtre, tête-bêche ou côte à côte, et maintient fermement votre hiloire. Il crée ainsi un radeau stable. Vous remontez sur le pont arrière, puis vous vous glissez dans l’habitacle. Le partenaire peut aussi vous aider à vider le kayak au préalable en le soulevant sur son pont. Cette méthode, enseignée dans les clubs, est la plus fiable en mer formée.
Vider le kayak
Un kayak remonté est souvent plein d’eau. Les kayaks de mer ont des compartiments étanches qui limitent le volume à vider, mais l’habitacle doit l’être. Utilisez une pompe à main, une écope ou une éponge. Mettez la jupe dès que possible pour éviter que les vagues ne remplissent à nouveau l’habitacle pendant que vous pompez.
Les conditions de réussite
Ces techniques demandent une mer pas trop agitée, une bonne condition physique et une hiloire assez grande. Le froid réduit vite la force et la coordination. C’est pourquoi la tenue doit être adaptée à la température de l’eau. Si vous n’arrivez pas à remonter et que vous êtes loin de la côte, ne quittez pas le kayak pour nager. Restez accroché, signalez-vous et appelez les secours si vous le pouvez, avec une VHF ou un téléphone dans une pochette étanche.
S’entraîner
Entraînez-vous régulièrement, en piscine ou en eau calme et tempérée, avec un partenaire à proximité. Répétez les manœuvres avec le kayak chargé, puis dans un peu de clapot. Les clubs affiliés à la Fédération française de canoë kayak proposent des séances encadrées. Un geste répété au calme devient un réflexe le jour où il sert vraiment.
Adapter son équipement
Certains équipements facilitent la remontée. Des lignes de pont bien tendues offrent des prises solides. Une pompe fixée à portée de main évite de la chercher dans l’eau. Un leash de pagaie empêche de la perdre pendant la manœuvre, mais il doit être court et ne pas risquer de vous entraver. Rangez le flotteur de pagaie sur le pont, accessible sans ouvrir de trappe. Avant chaque saison, vérifiez l’étanchéité des compartiments et des trappes. Un compartiment qui prend l’eau rend le kayak beaucoup plus instable une fois remonté, et la vidange devient alors interminable.
Pour compléter, lisez notre page sur le remorquage et celle sur la sécurité. Toutes les techniques sont dans la rubrique Techniques.