Récupération

Un chavirage arrive à tous les pagayeurs, débutants comme confirmés. Celui qui maîtrise l’esquimautage se redresse seul en quelques secondes. Les autres ont besoin de leurs compagnons de navigation. Savoir récupérer un kayakiste tombé à l’eau fait donc partie des compétences de base en kayak de mer. Cette page présente les principales méthodes, du redressement par la pointe à la récupération croisée, ainsi que les gestes qui en assurent le succès.

Elle fait partie de la rubrique Techniques. Ces techniques complètent la remontée seul dans son kayak et l’esquimautage.

Un apprentissage encadré

Lire une description ne suffit pas. La perte de connaissance, une eau froide, un lieu dangereux près des rochers ou une mer formée rendent la manœuvre bien plus difficile qu’à l’entraînement. Apprenez ces gestes avec un moniteur diplômé, en piscine puis en mer calme, avant d’en avoir besoin. Les clubs affiliés à la Fédération française de canoë kayak organisent régulièrement ce type de séances.

La récupération par la pointe

Cette méthode convient lorsque les kayaks naviguent très près les uns des autres et que le kayakiste chaviré est resté dans son bateau, la tête sous l’eau. Le temps disponible est court. Le sauveteur présente la pointe de son kayak, ou sa pagaie, à portée de main du chaviré. Celui-ci s’y agrippe d’une main puis des deux, et s’en sert comme appui pour se redresser.

Côté chaviré, les clés de la réussite sont simples :

  • rester calme et dans le kayak, sans sortir précipitamment
  • sortir les mains bien en évidence de chaque côté de la coque
  • frapper sur la coque et agiter les mains pour se signaler

Côté sauveteur :

  • arriver perpendiculairement au kayak retourné
  • guider au besoin la main du chaviré avec la pointe ou la pagaie
  • manœuvrer avec calme et précision, sans heurter la tête du chaviré

La récupération croisée, en X ou en T

Si le kayakiste est sorti de son bateau, on pratique la récupération croisée. Le chaviré se place à l’avant du kayak du sauveteur et s’y tient. Le sauveteur tire la pointe du kayak retourné sur son propre pont, perpendiculairement, pour le vider de son eau. Il le retourne ensuite à l’endroit et le replace parallèlement au sien, en sens inverse ou dans le même sens selon les méthodes.

Le sauveteur stabilise alors le kayak vide en se penchant dessus et en le tenant fermement par le hiloire. Le chaviré remonte par l’arrière ou par le côté, en se hissant à plat ventre sur le pont, puis glisse les jambes dans le cockpit avant de pivoter pour s’asseoir. Certains utilisent les deux pagaies posées en travers des bateaux comme plateforme d’appui. Une fois assis, le kayakiste remet sa jupe pendant que le sauveteur continue de stabiliser l’ensemble.

Les bateaux mal vidés

Un kayak sans cloisons étanches ou aux trappes mal fermées se remplit d’eau et devient très difficile à vider. C’est une des raisons pour lesquelles la Division 240 du règlement annexé à l’arrêté du 23 novembre 1987 (ministère de la Mer) impose, au-delà de 300 mètres d’un abri, une réserve de flottabilité et la possibilité de remonter à bord. Vérifiez vos trappes avant chaque sortie et gardez une écope ou une pompe accessible pour vider le reste de l’eau après la récupération.

Agir vite contre le froid

Dans une eau fraîche, le temps joue contre le chaviré. Le choc thermique coupe le souffle, puis les muscles perdent rapidement en force et en précision. Une récupération rapide limite ces effets. Une fois le kayakiste remonté, surveillez son état et rejoignez un abri si nécessaire. Notre page sur l’hypothermie décrit les signes à reconnaître.

En groupe

En sortie collective, définissez avant le départ qui intervient en cas de chavirage. Un pagayeur récupère, un autre reste à proximité pour aider ou surveiller le reste du groupe. Gardez des distances qui permettent d’intervenir en quelques coups de pagaie. Si le chaviré est blessé ou épuisé, le remorquage peut prendre le relais, comme expliqué dans notre page sur le remorquage.

Alerter si besoin

Si la situation vous dépasse, n’attendez pas pour donner l’alerte. Le canal 16 de la VHF ou le numéro d’urgence 196 depuis un téléphone permettent de joindre les CROSS, chargés du sauvetage en mer. Une balise de détresse personnelle offre une solution supplémentaire, décrite dans notre page sur la balise de détresse.

S’entraîner régulièrement

Ces gestes s’oublient vite. Refaites-les en début de saison, dans une eau calme et peu profonde, avec du matériel identique à celui que vous utiliserez en randonnée, kayak chargé compris. Changez les rôles pour que chacun sache récupérer et être récupéré. Retrouvez les autres fiches dans la rubrique Techniques.

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