Le mal de mer. Le comprendre pour mieux le contrôler

Le mal de mer, ou naupathie, touche tous les pratiquants des sports nautiques, des débutants aux marins expérimentés. En kayak, où l’on est assis au ras de l’eau et soumis à chaque mouvement de la houle, il peut gâcher une sortie entière. Il n’a pourtant rien d’une fatalité. Mieux comprendre ses causes permet d’en limiter les effets et de savoir quand renoncer.

Cette page fait partie de la rubrique Pratique. Elle donne des repères généraux et ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.

Qui est concerné ?

Tout le monde peut être touché, quel que soit l’âge ou l’expérience. Certaines personnes y sont sensibles toute leur vie, d’autres seulement les premières sorties ou dans des conditions particulières. L’habitude joue un rôle important : avec la répétition des navigations, beaucoup de pagayeurs constatent que les symptômes s’atténuent.

Les manifestations

Les signes sont bien connus : pâleur, sueurs froides, bâillements, maux de tête, sensation de malaise, nausées puis vomissements. Le pagayeur devient apathique, se désintéresse de la navigation et ne pense plus qu’à rejoindre la terre. Cet état diminue la vigilance et la force, ce qui pose un problème de sécurité en mer.

Pourquoi on a le mal de mer

L’équilibre repose sur l’oreille interne, qui renseigne le cerveau sur les mouvements et la position de la tête. Le cerveau croise ces informations avec ce que perçoivent les yeux et le reste du corps. En mer, ces messages se contredisent. L’oreille interne détecte le roulis et le tangage, alors que le regard, fixé sur le pont ou sur une carte, indique une situation immobile. Ce conflit sensoriel est à l’origine du malaise.

En kayak, le bas du corps reste calé dans le bateau tandis que l’horizon et l’eau toute proche bougent en permanence. La vue doit sans cesse s’adapter, ce qui favorise les symptômes, notamment lors des arrêts.

Les facteurs aggravants

  • le manque de sommeil et la fatigue
  • une halte prolongée sur l’eau, sans activité physique
  • les odeurs de carburant, de tabac ou de nourriture, fréquentes sur certains embarcadères
  • la chaleur ou le froid excessifs
  • le stress et l’appréhension, souvent présents chez les débutants
  • un repas trop copieux ou au contraire l’estomac vide
  • fixer longtemps un objet proche, comme un écran, une carte ou un appareil photo

Les gestes qui aident

Plusieurs conseils simples limitent le risque. Le premier est d’arriver reposé, après une nuit de sommeil suffisante. Prenez un petit-déjeuner léger mais réel, et emportez de quoi boire et grignoter. Habillez-vous de façon à rester à une température confortable.

Sur l’eau, regardez loin, vers l’horizon ou vers un point fixe de la côte. Cela aide le cerveau à réconcilier les informations de l’oreille interne et de la vue. Continuez à pagayer plutôt que de rester immobile, car l’effort régulier occupe le corps. Évitez de lire une carte ou de manipuler un appareil trop longtemps tête baissée. Notre page sur la carte-topo propose des repères pour préparer l’itinéraire à terre.

Médicaments et autres dispositifs

Il existe des médicaments contre le mal des transports. Certains provoquent une somnolence, ce qui pose question pour une activité qui demande de la vigilance. Ils ont aussi des contre-indications. Demandez conseil à un pharmacien ou à un médecin avant toute prise, idéalement plusieurs jours avant la sortie pour tester la tolérance à terre.

D’autres solutions, comme les bracelets de pression, sont proposées en pharmacie. Leur efficacité varie selon les personnes, et nous ne les avons pas testées.

Quand faire demi-tour

Un pagayeur qui vomit à répétition se déshydrate, perd ses forces et devient plus sensible au froid. Ne le laissez pas seul. Si les symptômes persistent, rapprochez-vous de la côte, rejoignez un abri ou envisagez un remorquage. Le mal de mer cesse en général peu après le retour à terre. En cas de malaise sérieux, n’hésitez pas à contacter les secours par la VHF sur le canal 16 ou au 196.

Le mal de mer a plusieurs causes à la fois, ce qui explique qu’aucune solution ne convienne à tout le monde. Une préparation soignée, une sortie adaptée à votre expérience et une vigilance de groupe restent les meilleurs atouts. D’autres conseils sont rassemblés dans la rubrique Pratique et dans notre page sur l’hypothermie.

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