Pour une sortie à la journée, emporter son repas ne pose guère de problème. Pour un week-end ou un raid de plusieurs jours en autonomie, la question devient sérieuse. La place est comptée dans les compartiments, le poids pèse sur la glisse, et l’eau douce est précieuse. C’est pourquoi beaucoup de kayakistes, comme les randonneurs et les alpinistes, se tournent vers les repas lyophilisés ou déshydratés. Cette page présente les solutions et leurs limites.
Elle fait partie de la rubrique Pratique et complète notre page sur l’alimentation sportive ainsi que celle sur les besoins caloriques.
Lyophilisé ou déshydraté
Les deux termes sont souvent confondus. La lyophilisation consiste à congeler l’aliment puis à faire passer la glace directement à l’état de vapeur sous vide. Le produit garde sa forme et une grande partie de ses qualités, et se réhydrate vite avec de l’eau chaude. La déshydratation retire l’eau par chauffage ou par séchage à l’air. Elle est plus simple, parfois réalisable chez soi, mais le produit se réhydrate plus lentement.
Dans les deux cas, l’aliment devient léger et se conserve longtemps à température ambiante, à condition que l’emballage reste fermé et sec.
Les repas autochauffants
Certains repas sont vendus avec leur propre système de chauffe. Une réaction chimique, déclenchée par l’ajout d’eau, chauffe le sachet sans réchaud ni flamme. Ces repas sont plus lourds et plus encombrants que les lyophilisés, mais utiles là où les feux sont interdits ou impossibles. Suivez scrupuleusement le mode d’emploi, ne les utilisez pas dans un espace confiné et rapportez les emballages usagés.
Les avantages pour le kayakiste
- Un poids et un volume réduits pour plusieurs jours de vivres.
- Une conservation longue, sans chaîne du froid.
- Une préparation rapide, avec seulement de l’eau chaude.
- Un repas chaud en fin de journée, appréciable après l’effort et par temps frais.
Les limites
- Il faut de l’eau douce pour la réhydratation, à prévoir en plus de l’eau de boisson.
- Un réchaud et du combustible sont nécessaires, sauf pour les repas autochauffants.
- Le coût est plus élevé que celui d’une cuisine maison.
- Certains produits sont riches en sel. Lisez les étiquettes.
- Les emballages doivent être rapportés à terre.
Composer ses menus
Pour un raid, alternez les repas lyophilisés avec des aliments secs et nourrissants qui se conservent bien : pâtes, semoule, flocons, purée en flocons, fruits secs, oléagineux, fromage à pâte dure, pain de longue conservation. Variez les plats pour garder l’appétit, et prévoyez de quoi grignoter sur l’eau. Les repères nutritionnels de Manger Bouger, le site de Santé publique France rappellent la place des féculents comme source d’énergie, à adapter à un effort prolongé.
Testez vos repas avant de partir, en conditions réelles si possible. Un plat qui ne vous plaît pas à la maison ne vous plaira pas davantage au bivouac.
Emballer et ranger
Regroupez les repas par jour dans des sacs étanches, et gardez ceux du jour à portée de main. Répartissez le poids dans le kayak, les charges lourdes au centre et près du fond, comme expliqué dans notre page sur le chargement. Prévoyez un sac pour les déchets, à rapporter jusqu’à une poubelle. Sur la dégradation des emballages en mer, lisez notre page sur la biodégradabilité des déchets.
L’eau, la ressource clé
Calculez vos besoins en eau pour la boisson et la cuisine, puis repérez sur votre itinéraire les points de ravitaillement possibles. Ne comptez pas sur une source non vérifiée. Si vous devez traiter de l’eau de surface, utilisez un moyen de traitement adapté et suivez ses instructions. L’eau de mer ne convient pas à la réhydratation des repas.
Préparer ses propres repas
Il est possible de déshydrater soi-même des légumes, des fruits ou des plats cuisinés avec un déshydrateur ou un four à basse température. Cette solution réduit le coût et permet d’adapter les menus à ses goûts. Elle demande en revanche du temps et un minimum de rigueur. Séchez complètement les aliments, conditionnez-les dans des sachets hermétiques, notez la date et conservez-les au sec. Faites un essai de réhydratation à la maison pour connaître la quantité d’eau et le temps nécessaires. Les règles d’hygiène habituelles restent valables : mains et ustensiles propres, et méfiance envers les aliments sensibles comme la viande ou les œufs.
Au bivouac, lavez la vaisselle loin des points d’eau douce et sans produit agressif. Vous limiterez votre impact sur le site et laisserez un lieu propre aux suivants.
Pour la sécurité lors des sorties de plusieurs jours, consultez notre page sur la sécurité en kayak.