Pour préparer une randonnée en kayak de mer, la carte reste l’outil de base. Les cartes marines décrivent les fonds, les dangers et les balises. Les cartes topographiques décrivent la terre, les sentiers et le relief. Le kayakiste, qui longe la côte et débarque souvent, a besoin des deux. Certaines cartes sont conçues pour cet usage mixte, dans un format pratique et sur un papier résistant à l’eau. Cette page explique comment choisir et utiliser une carte pour vos sorties.
Elle fait partie de la rubrique Pratique. Pour la lecture des courants, voyez notre page sur la navigation et les courants.
Carte marine et carte topographique
La carte marine, publiée en France par le prédictions de marée du SHOM, représente la mer : profondeurs, roches, épaves, balisage, feux, courants principaux. Elle indique les distances en milles et donne les références nécessaires pour calculer une route. La carte topographique, publiée par l’IGN, représente la terre : relief, chemins, sentiers de grande randonnée, bâtiments, points d’eau. Elle aide à repérer un lieu de débarquement, un accès routier ou un sentier de secours.
Pour une sortie côtière, l’idéal est de combiner les informations utiles des deux. C’est l’objet des cartes dites mixtes ou des cartes spécialisées pour les activités nautiques.
Ce qu’une bonne carte de kayak doit montrer
- Le trait de côte précis et les zones qui découvrent à marée basse.
- Les dangers : roches, hauts-fonds, zones de déferlement.
- Le balisage et les feux, pour se repérer de jour comme de nuit.
- Les courants de marée et leur sens selon l’heure.
- Les plages et lieux de débarquement possibles, avec leurs accès.
- Les zones réglementées : réserves naturelles, chenaux, dispositifs de trafic.
- Les sentiers côtiers, utiles en cas de repli à pied.
Le format et la matière
Une carte de kayak se consulte sur le pont, sous les élastiques, et doit supporter les embruns. Un format réduit, facile à plier, évite de la manipuler sans cesse. Un papier résistant à l’eau ou une pochette étanche transparente la protègent. Pliez votre carte avant de partir pour que la zone de navigation du jour soit visible sans la sortir de sa protection.
Les zones de trafic
Certaines côtes sont traversées par des routes de navigation très fréquentées, encadrées par des dispositifs de séparation du trafic. Les navires de commerce y circulent vite et ne peuvent ni voir ni éviter un kayak. Les traversées vers des îles, surtout par visibilité réduite, demandent une préparation particulière. Repérez ces zones sur la carte, informez-vous auprès du CROSS ou de la capitainerie de votre secteur, et évitez de traverser un chenal sans nécessité. Si vous devez le faire, traversez rapidement, perpendiculairement et en groupe serré.
Préparer sa sortie avec la carte
Tracez l’itinéraire, mesurez les distances et notez les caps principaux. Repérez les abris et les points de sortie possibles tous les quelques milles. Relevez les heures de marée et de renverse des courants pour la journée, à l’aide de l’annuaire des marées. Vérifiez la météo marine. Notez enfin les numéros d’urgence et le canal VHF du CROSS.
Préparer la sortie avec la carte, c’est aussi décider à l’avance des conditions qui vous feront renoncer ou changer d’itinéraire. Écrivez-les sur un coin de la pochette.
Carte papier et outils numériques
Les applications de navigation et les GPS affichent des cartes et votre position en temps réel. Ils sont très pratiques, mais une batterie vide, un écran illisible au soleil ou un appareil noyé peuvent vous laisser sans repère. Gardez toujours une carte papier et une boussole, et sachez vous en servir. Les deux outils se complètent : le numérique pour la position, le papier pour la vue d’ensemble.
Mettre ses cartes à jour
Le balisage et les règles évoluent. Utilisez des cartes récentes et consultez les avis aux navigateurs publiés par le SHOM pour les corrections. Une carte ancienne peut montrer une bouée déplacée ou ignorer une zone désormais interdite.
Lire la carte sur l’eau
Sur l’eau, la carte sert surtout à confirmer votre position. Comparez ce que vous voyez avec ce qu’elle montre : un cap, une pointe, une tour, une bouée, un clocher. Deux repères alignés donnent une ligne de position fiable. Faites ce point régulièrement, avant de perdre le fil, plutôt que lorsque vous doutez déjà. Par brouillard ou à l’approche de la nuit, ce suivi permanent devient essentiel. Prenez aussi l’habitude de noter l’heure de passage aux points clés de votre itinéraire. Vous saurez ainsi si vous êtes en avance ou en retard, et pourrez décider plus tôt d’un repli.
Retrouvez les autres fiches pratiques dans la rubrique Pratique, notamment notre page sur l’immatriculation.