Au fil d’une sortie en kayak de mer, les oiseaux marins sont souvent les premiers habitants que l’on croise. Le kayak, silencieux et bas sur l’eau, permet de les observer de près, mais il peut aussi les déranger, surtout pendant la période de nidification. Mieux les connaître, c’est mieux les respecter. Cette page présente les principales espèces visibles depuis un kayak sur les côtes françaises et les règles de bon comportement à adopter.
Elle fait partie de la rubrique Environnement et météo. Pour identifier une espèce et connaître son statut de protection, l’Inventaire national du patrimoine naturel fait référence.
Goélands et mouettes
Les goélands sont les oiseaux les plus visibles du littoral. Le goéland argenté fréquente surtout l’Atlantique et la Manche, tandis que le goéland leucophée domine en Méditerranée. Opportunistes, ils se nourrissent de presque tout. En période de reproduction, ils défendent vivement leur territoire et n’hésitent pas à survoler, voire à frôler, les intrus. Si cela se produit, éloignez-vous : vous êtes trop près d’un nid.
Les mouettes, plus petites, se reconnaissent à leur silhouette plus fine. Plusieurs espèces portent ce nom. La mouette rieuse, très commune, fréquente aussi bien les côtes que l’intérieur des terres.
Cormorans
Le grand cormoran et le cormoran huppé sont d’excellents plongeurs. On les voit souvent posés sur un rocher, les ailes écartées pour les faire sécher. Le grand cormoran fréquente aussi les lacs et les rivières, alors que le cormoran huppé reste strictement marin. Leur vol au ras de l’eau et leurs plongées successives font partie des scènes familières d’une navigation côtière.
Sternes
Les sternes, plus fines et plus élégantes que les mouettes, pêchent en plongeant en piqué depuis les airs. Plusieurs espèces nichent sur les côtes françaises, souvent en colonies sur des îlots, des plages ou des bancs de sable. Ces colonies sont très sensibles au dérangement. Un débarquement au mauvais endroit peut faire fuir les adultes et exposer les œufs ou les poussins.
Fou de Bassan
Grand oiseau blanc aux extrémités des ailes noires, le fou de Bassan est spectaculaire lorsqu’il plonge à grande vitesse pour attraper un poisson. En France, sa seule colonie de reproduction se trouve sur l’île Rouzic, dans l’archipel des Sept-Îles, en Bretagne. On peut l’observer en mer bien au-delà, en particulier lors de ses déplacements.
Macareux moine
Avec son bec coloré, le macareux moine est surnommé le perroquet de mer. Il niche dans des terriers creusés dans les pentes herbeuses des îles. En France, il ne se reproduit qu’en Bretagne, en petit nombre, notamment aux Sept-Îles. Il est surtout visible au printemps et au début de l’été, avant de regagner le large.
Puffins et océanites
Les puffins passent l’essentiel de leur vie en mer et ne viennent à terre que pour nicher, souvent de nuit. Le puffin des Baléares, qui fréquente les côtes françaises en dehors de sa période de reproduction, est considéré comme menacé. Les océanites, petits oiseaux au vol papillonnant, nichent dans des cavités, des éboulis ou d’anciens terriers. Leurs nids sont discrets et facilement écrasés par un débarquement peu attentif.
Observer sans déranger
Le kayak donne un accès privilégié à des falaises et à des îlots où nichent de nombreuses espèces. Cette proximité impose quelques règles :
- gardez une distance suffisante avec les colonies et les oiseaux posés, et éloignez-vous dès qu’ils montrent des signes d’inquiétude
- évitez de débarquer sur les îlots pendant la période de nidification, en général du printemps à l’été
- ne nourrissez pas les oiseaux et ne laissez aucun déchet
- naviguez calmement, sans bruit, et ne poursuivez jamais un oiseau sur l’eau
- respectez les interdictions d’accès dans les réserves naturelles et les zones protégées
Certains sites, comme la réserve naturelle des Sept-Îles, sont soumis à une réglementation particulière. Renseignez-vous auprès du gestionnaire avant d’y naviguer.
Des espèces protégées
En France, la plupart des oiseaux marins sont des espèces protégées. Il est interdit de les capturer, de les perturber intentionnellement ou de détruire leurs nids et leurs œufs. Le dérangement en période de reproduction reste la principale menace qu’un kayakiste peut faire peser sur eux.
Pour approfondir la découverte du milieu, consultez aussi nos pages sur la frange littorale, le plancton marin et les Calanques de Marseille, ou revenez à la rubrique Environnement et météo.