Biodégradabilité des déchets en mer

Sacs plastiques, morceaux de polystyrène, bouteilles, filets abandonnés : en kayak, on croise régulièrement des déchets flottants, même lors d’une courte sortie. Leur présence rappelle que la mer reçoit une grande partie des rejets humains. Combien de temps mettent-ils à disparaître, et que deviennent-ils ? Cette page fait le point sur la notion de biodégradabilité et sur ce que chaque pagayeur peut faire.

Elle fait partie de la rubrique Environnement et météo.

Qu’est-ce qu’un produit biodégradable

Un produit est dit biodégradable lorsqu’il peut être décomposé par des organismes vivants, bactéries ou champignons, en éléments simples comme l’eau, le gaz carbonique et des sels minéraux. La question essentielle est celle du temps. Certains matériaux se dégradent en quelques semaines, d’autres en plusieurs siècles, et certains ne se dégradent pratiquement pas.

Le milieu compte beaucoup. Les durées de dégradation souvent citées concernent des conditions à l’air libre ou en compost. En mer, l’eau froide, la lumière réduite en profondeur et le manque d’oxygène dans les sédiments ralentissent fortement les processus. Les chiffres qui circulent pour chaque déchet sont donc à prendre avec prudence.

Le cas des plastiques

La plupart des plastiques ne sont pas biodégradables au sens strict. Sous l’effet du soleil, des vagues et du sel, ils se fragmentent en morceaux de plus en plus petits, jusqu’aux microplastiques, invisibles à l’œil nu. Ces particules restent dans l’environnement, sont ingérées par le plancton, les poissons et les oiseaux, et peuvent transporter des polluants. Notre page sur le plancton marin explique son rôle à la base de la chaîne alimentaire.

Les animaux marins sont aussi victimes des déchets entiers. Tortues, oiseaux et mammifères marins peuvent avaler des sacs ou se prendre dans des filets et des lignes abandonnés.

Les zones d’accumulation

Portés par les grands courants océaniques, les déchets flottants se concentrent dans des zones de convergence, au centre des grands tourbillons appelés gyres. On en compte plusieurs, dans le Pacifique Nord et Sud, l’Atlantique Nord et Sud et l’océan Indien. Le terme de continent de plastique, souvent employé, est trompeur. Il s’agit surtout d’une soupe diffuse de fragments, dont une grande partie reste invisible depuis la surface.

Les déchets au fond

Une partie des déchets coule. Certains objets inertes finissent par se couvrir d’algues et d’organismes fixés, et servent d’abri à la faune. Ce constat ne doit pas faire oublier que de nombreux déchets libèrent des substances toxiques. Les piles, les batteries, certains métaux et les produits chimiques contaminent les sédiments et les organismes. Les récifs artificiels, eux, sont immergés de façon encadrée, avec des matériaux choisis, comme le montre notre page sur les récifs artificiels.

Ce que vous pouvez faire

Le kayak permet d’accéder à des criques et à des rochers difficiles à nettoyer autrement. Quelques gestes simples font la différence :

  • ramasser les déchets flottants que vous pouvez saisir sans danger et les rapporter dans une poubelle à terre
  • rapporter tous vos propres déchets, y compris les emballages alimentaires et les mégots
  • éviter les emballages à usage unique lors de vos sorties
  • signaler les filets ou objets dangereux que vous ne pouvez pas récupérer
  • participer aux opérations de nettoyage du littoral organisées près de chez vous

Ne prenez jamais de risque pour attraper un déchet près des rochers ou dans une mer agitée. Méfiez-vous aussi des objets coupants ou des produits inconnus, et portez des gants.

Les déchets liés aux activités nautiques ont aussi leur part. Bouts usagés, morceaux de coque, emballages de matériel ou résidus de peinture finissent parfois à l’eau. Recyclez votre vieux matériel dans les filières adaptées et réparez plutôt que de jeter lorsque c’est possible.

Les produits d’entretien

Le nettoyage du bateau et du matériel compte aussi. Rincez à l’eau douce plutôt que d’utiliser des détergents. Si un produit est nécessaire, choisissez-le peu agressif pour l’environnement et utilisez-le avec modération, loin du rivage. Les tensioactifs des détergents peuvent nuire aux organismes aquatiques. Le vinaigre blanc dilué remplace de nombreux produits pour un nettoyage courant.

Comprendre pour protéger

Les espaces littoraux sont fragiles, et les kayakistes les fréquentent de près. Mieux connaître ces milieux aide à les respecter. Consultez notre page sur la frange littorale et celle sur les oiseaux marins. Les données sur les espèces et les espaces protégés sont disponibles sur le site de l’Inventaire national du patrimoine naturel. Retrouvez les autres fiches dans la rubrique Environnement et météo.

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