Les premiers navigateurs européens arrivés dans le Pacifique furent frappés par les pirogues à balancier des Polynésiens. Rapides, marines et élégantes, elles avaient permis de peupler des îles dispersées sur des milliers de kilomètres d’océan. Le va’a, nom tahitien de la pirogue, est aujourd’hui un sport à part entière, très populaire en Polynésie et pratiqué dans de nombreux pays. Cette page présente cette embarcation, sa pratique et ce qui la rapproche du kayak de mer.
Elle fait partie de la rubrique Kayaks. Pour une autre embarcation à pagaie simple, voyez notre page sur le canoë.
Une embarcation et plusieurs noms
Selon les archipels, la pirogue s’appelle va’a, waka, wa’a ou vaka. Le principe est le même : une coque longue et très effilée, stabilisée par un balancier, le ama, relié à la coque par des bras, les iato. Le balancier se place à gauche de la coque dans la pratique sportive. La pirogue se mène avec une pagaie simple, à une seule pale, et le pagayeur change régulièrement de côté selon un rythme commandé.
Du V1 au V12
Le va’a se pratique seul ou en équipage. On parle de V1 pour la pirogue individuelle, de V6 pour la pirogue à six places, la plus répandue en compétition, et de V12 pour deux V6 réunies. La longueur de la coque augmente avec le nombre de places. Pagayer à six, au même rythme et dans le même effort, procure une sensation collective très particulière. Chaque place a son rôle : le premier donne la cadence, le dernier barre.
Pourquoi c’est rapide
La coque est longue et étroite. Seule, elle serait très instable. Le balancier lui donne la stabilité nécessaire et permet de conserver une forme de coque très fine, qui glisse bien. Les pirogues peuvent ainsi atteindre des vitesses élevées et surfer les vagues du large. Le va’a affronte la haute mer lors de grandes courses entre les îles.
Les matériaux
Les pirogues de compétition sont généralement construites en composite, pour la légèreté et la rigidité. On trouve aussi des va’a en bois, plus proches du caractère traditionnel de ces bateaux, qui gardent une forte dimension culturelle et symbolique en Polynésie. Le choix d’une pirogue dépend de l’usage : loisir, randonnée côtière ou compétition.
Pratiquer en France
En France, le va’a est rattaché à la Fédération française de canoë kayak, qui organise les compétitions et soutient les clubs. Des clubs existent sur les côtes et sur certains plans d’eau intérieurs, en métropole comme dans les territoires du Pacifique et de l’océan Indien. C’est par eux que l’on peut s’initier, emprunter une pirogue et intégrer un équipage.
Ce qui le rapproche du kayak de mer
- Une embarcation longue et fine, faite pour la mer.
- Une pratique qui demande lecture des vagues, du vent et des courants.
- Des règles de sécurité et d’équipement comparables, fixées par la Division 240 du règlement annexé à l’arrêté du 23 novembre 1987 (ministère de la Mer) pour les embarcations à propulsion humaine.
- Le plaisir de naviguer en silence, au contact de l’élément.
Ce qui l’en distingue
- La pagaie simple et le changement de côté commandé.
- Le balancier, qui impose de surveiller l’équilibre et peut faire chavirer la pirogue s’il se soulève.
- La pratique en équipage, très développée.
- Le poids et la longueur des pirogues collectives, qui demandent plusieurs personnes pour la mise à l’eau.
Sécurité
Le chavirage existe aussi en va’a. Il survient le plus souvent quand le balancier se soulève. L’équipage doit savoir redresser la pirogue, la vider et remonter à bord. Ces gestes s’apprennent en club. Comme en kayak, le gilet, la tenue adaptée à la température de l’eau et la vérification de la météo sont indispensables. Une navigation au large demande un bateau accompagnateur ou une sortie en groupe.
Débuter
La plupart des clubs proposent des séances de découverte en V6, encadrées par un entraîneur. C’est la meilleure façon de commencer : la pirogue collective est stable, l’équipage guide le débutant et l’apprentissage du geste se fait au rythme du groupe. On passe ensuite au V1, plus exigeant, qui demande de gérer seul l’équilibre du balancier et la direction. Une bonne condition physique aide, mais la technique compte davantage.
Acheter une pirogue
Les constructeurs de va’a sont moins nombreux que ceux de kayaks, et beaucoup sont installés dans le Pacifique. Le transport d’une coque longue coûte cher. Les clubs organisent parfois des achats groupés pour réduire ces frais. Avant d’acheter, essayez plusieurs modèles en club et demandez conseil aux entraîneurs.
Retrouvez les autres embarcations dans la rubrique Kayaks, notamment les kayaks traditionnels.