Gagner en vitesse, profiter du vent ou soulager les bras lors d’une longue étape : la voile ouvre de nouvelles possibilités au kayakiste. Pour un investissement raisonnable, elle transforme un kayak en petit voilier. Encore rare dans le parc des kayaks, elle demande toutefois un apprentissage et un bateau adapté. Cette page présente les principaux types de gréements et les précautions à prendre.
Elle fait partie de la rubrique Kayaks. Pour comprendre les allures, consultez notre page sur les vents et les allures.
Le gréement complet
Certains fabricants proposent, pour des monoplaces et surtout des biplaces, un gréement complet : un mât, une grand-voile, souvent un foc, une ou deux dérives relevables et un gouvernail. Le kayak devient alors capable de remonter partiellement au vent et d’atteindre des vitesses intéressantes. Les systèmes sont généralement amovibles. Des flotteurs latéraux, appelés balancines, sont souvent proposés pour améliorer la stabilité.
La voile arrière
Une petite voile placée à l’arrière, sur un mât court, s’inspire de l’artimon des anciens bateaux de pêche. Associée à une dérive, elle aide à tenir le cap et apporte une propulsion modeste, tout en laissant la vue dégagée vers l’avant. Ce type de gréement est souvent fabriqué par des kayakistes bricoleurs, mais quelques fabricants le proposent en option.
La voile d’appoint
En éventail ou en forme de spinnaker, la voile d’appoint se fixe à l’avant du cockpit et se déploie rapidement. Elle n’est efficace qu’aux allures portantes, vent arrière ou grand largue. Son intérêt est de soulager les efforts lors des longues étapes de randonnée. C’est la solution la plus répandue, car elle reste simple, légère et peu coûteuse.
L’aile de traction
Certains pratiquants adaptent une aile de traction issue du kitesurf, à caissons ou à boudins. Elle permet de grandes vitesses mais demande un apprentissage sérieux et progressif. Le système de largage d’urgence doit être fiable et facile à actionner, faute de quoi la situation peut devenir très dangereuse en cas de rafale.
Un comportement différent
Avec une voile, les forces en jeu changent complètement. Le kayak gîte sous l’effet du vent, dérive latéralement et devient plus difficile à contrôler. Un gouvernail et une dérive bien adaptés sont indispensables pour les gréements complets. Il faut aussi pouvoir affaler la voile très vite, d’une seule main, en cas de rafale ou pour reprendre la pagaie.
Commencez par vent faible, près de la côte et dans une zone dégagée, sans obstacle sous le vent. Apprenez à affaler, à réduire la toile et à reprendre la pagaie avant de vous aventurer plus loin. Un club ou une structure affiliée à la Fédération française de canoë kayak peut vous conseiller.
Fabriquer ou acheter
Deux options s’offrent à vous. La première consiste à choisir un modèle proposé par un fabricant, souvent un biplace équipé d’origine ou une voile d’appoint vendue en kit. La seconde consiste à fabriquer et à adapter vous-même un gréement sur votre bateau. Dans ce cas, soignez la fixation du mât et les renforts du pont, car les efforts sont importants. Une fixation mal conçue peut arracher une partie du pont.
Sécurité et réglementation
Un kayak à voile reste soumis à la Division 240 du règlement annexé à l’arrêté du 23 novembre 1987 (ministère de la Mer), qui fixe le matériel de sécurité selon la distance d’un abri. Un kayak équipé d’une voile doit également respecter les règles de barre et de route applicables aux voiliers. Le vent qui pousse la voile peut aussi vous emmener plus loin que prévu : par vent de terre, le retour au pagayage seul peut devenir impossible. Consultez toujours la prévision de vent sur bulletins marine de Météo-France et prévoyez une marge.
En cas de chavirage, une voile déployée complique le redressement et la remontée. Entraînez-vous à affaler et à remonter dans le kayak avec le gréement en place. Notre page pour remonter dans son kayak détaille la technique de base.
Les avantages et les limites
- Plus de vitesse et d’autonomie lors des longues étapes portantes
- Un plaisir nouveau, entre kayak et voile légère
- Un coût souvent modéré pour une voile d’appoint
- Un apprentissage nécessaire et des risques nouveaux par vent fort
- Une stabilité réduite sans balancines
- Un encombrement supplémentaire sur le pont
Retrouvez les autres types de bateaux dans la rubrique Kayaks, dont le va’a et le kayak pliant, souvent proposé avec une option voile.