Le kayak pliant, ou démontable, se compose d’une ossature qui s’emboîte à l’intérieur d’une peau souple. Il descend indirectement des kayaks des peuples de l’Arctique, construits sur le même principe d’une armature recouverte, mais il s’agit d’une invention du début du XXe siècle. Rangé dans un ou deux sacs, il voyage partout et se range dans un placard. Cette page présente ses qualités et ses limites.
Elle fait partie de la rubrique Kayaks. Pour les autres solutions compactes, consultez les kayaks gonflables et les kayaks modulables. L’histoire des bateaux à peau est racontée dans notre page sur les kayaks traditionnels.
La construction
L’ossature est en bois ou en aluminium traité. Elle se compose de lisses longitudinales et de couples transversaux qui donnent sa forme à la coque. La peau est en tissu synthétique enduit, plus épais et plus résistant sur la coque que sur le pont. Des boudins gonflables placés le long des flancs tendent la peau et ajoutent une réserve de flottabilité.
Le montage et le démontage demandent un peu de temps et de méthode, surtout les premières fois. Beaucoup de pratiquants finissent par le considérer comme une partie de l’activité.
Pour qui
Le kayak pliant convient particulièrement :
- aux citadins qui manquent de place pour un bateau rigide
- à ceux qui n’ont pas de galerie de toit ou ne veulent pas en installer
- aux voyageurs qui partent en train, en avion ou en bateau
- aux randonneurs qui veulent naviguer sur plusieurs jours avec du matériel de bivouac
Sa capacité de chargement est souvent importante, car l’intérieur de la coque est accessible sur toute sa longueur. La contrepartie est l’absence de compartiments étanches fixes : on utilise des sacs étanches et des boudins de flottabilité.
Des bateaux d’expédition
Les fabricants proposent des modèles d’expédition, en simple ou en double, avec de nombreuses options. Pour les longs périples, les ossatures en bois ont souvent la préférence malgré un poids un peu supérieur, car elles se réparent plus facilement avec des moyens simples. Plusieurs constructeurs fournissent toutes les pièces en service après-vente, de la peau aux éléments de structure. Certains biplaces peuvent même être transformés en monoplace en modifiant la position des couples et en changeant le pont.
Leur discrétion et leur facilité de transport expliquent aussi que certaines armées les aient utilisés pour des opérations côtières.
Les avantages
- Transport et stockage très faciles
- Bonne stabilité grâce à une largeur souvent généreuse
- Confort et grande capacité de chargement
- Réparations possibles sur le terrain, surtout avec une ossature en bois
- Disponibilité des pièces détachées chez plusieurs fabricants
- Option voile proposée sur certains modèles
- Bonne tenue de la valeur à l’occasion pour les modèles de qualité
Les limites
- Un prix souvent plus élevé qu’un kayak rigide comparable
- Un temps de montage et de démontage
- Une peau sensible à l’abrasion sur les rochers et les plages de galets
- L’absence de cloisons étanches fixes
- Un entretien soigneux indispensable
Sécurité et réglementation
En cas de chavirage, un pliant mal équipé peut se remplir d’eau. Les boudins latéraux et des sacs de flottabilité à l’avant et à l’arrière sont indispensables. La Division 240 du règlement annexé à l’arrêté du 23 novembre 1987 (ministère de la Mer) exige, au-delà de 300 mètres d’un abri, un dispositif permettant de rester au contact du kayak et de remonter à bord après un chavirement. Entraînez-vous à cette remontée avec votre bateau, comme décrit dans notre page dédiée.
Le comportement sur l’eau surprend souvent agréablement. La peau souple accompagne légèrement les vagues, et la coque large rassure. Par vent fort, un pliant chargé reste toutefois plus difficile à manœuvrer qu’un kayak de mer rigide étroit. Un gouvernail, proposé en option sur de nombreux modèles, aide à garder le cap. Les doubles, très stables, sont appréciés pour naviguer avec un enfant ou un partenaire débutant.
Entretien
Rincez l’ossature et la peau à l’eau douce après chaque sortie en mer. Le sel et le sable abîment les emboîtements et les fermetures. Laissez tout sécher avant de ranger, sac ouvert, pour éviter les moisissures, surtout sur les pièces en bois. Contrôlez régulièrement l’état du vernis, des rivets et des zones d’usure de la peau, et protégez-la avec une bande de renfort sous la quille si le fabricant le propose.
Avant l’achat, essayez le montage et une sortie sur l’eau. Consultez aussi notre guide de l’occasion et les autres pages de la rubrique Kayaks.