Navigation et courant

Même par beau temps, un kayak de mer ne se déplace jamais tout à fait dans la direction où il pointe. Le courant le porte, le vent le pousse, et la route réelle s’écarte de la route prévue. Comprendre les courants de surface permet de choisir son heure de départ, d’anticiper la dérive et d’éviter les passages dangereux. Cette page présente les notions de base.

Elle fait partie de la rubrique Techniques et prolonge notre page sur la navigation, le minimum à savoir.

D’où viennent les courants de surface

  • La marée : sur les côtes de la Manche et de l’Atlantique, la marée crée des courants qui s’inversent avec le flot et le jusant. Leur force varie avec le coefficient et peut devenir très importante dans les passages resserrés, entre deux îles ou au large d’un cap.
  • Le vent : un vent qui souffle longtemps dans la même direction entraîne les couches superficielles de l’eau.
  • Les vagues : près du rivage, l’eau apportée par les vagues repart vers le large par des couloirs étroits, les courants d’arrachement ou de baïne, bien connus des baigneurs.
  • Les fleuves : à l’embouchure d’un fleuve, le débit s’ajoute ou s’oppose au courant de marée.

Les cartes marines et les atlas de courants du prédictions de marée du SHOM indiquent la direction et la force des courants de marée heure par heure, en fonction de l’heure de pleine mer d’un port de référence. Les mécanismes de la marée sont expliqués dans notre page sur l’eau et les marées.

Pourquoi les courants comptent

  • Un courant de travers vous fait dériver hors de votre route sans que vous le sentiez.
  • Un courant de face peut vous épuiser, voire vous empêcher d’avancer.
  • Un courant opposé au vent lève une mer courte, creuse et parfois déferlante, dangereuse pour un kayak.

Ce dernier cas mérite une attention particulière. Un passage calme à l’étale peut devenir impraticable quelques heures plus tard, quand le courant s’établit contre le vent. Les mécanismes des vagues sont décrits dans notre page sur la houle et les vagues.

Se renseigner avant de partir

  • Consultez l’heure et le coefficient de marée, puis les atlas de courants de la zone.
  • Lisez les bulletins marine de Météo-France pour connaître le vent attendu et son évolution.
  • Interrogez les pratiquants locaux, les clubs et les loueurs, qui connaissent les pièges du secteur.
  • Dans une zone inconnue, naviguez en groupe, si possible avec quelqu’un qui connaît le plan d’eau.

Observer le courant sur l’eau

Le courant se lit à la surface. Une bouée ou un flotteur de casier forme un sillage dans le sens du courant, et s’incline parfois. Un remous, une ligne d’écume ou une zone de clapot isolée signalent souvent une veine de courant ou une rencontre de courants.

Une méthode simple consiste à cesser de pagayer quelques instants après avoir repéré deux amers alignés à terre, un clocher devant une colline par exemple. Si l’alignement se décale, vous dérivez, et le sens du décalage vous indique la direction de la dérive.

Corriger la dérive

En visant un point à terre sans tenir compte du courant, vous décrivez une courbe, parfois appelée courbe du chien. Le kayak finit par arriver, mais après une route plus longue, et parfois trop tard dans un passage où le courant forcit. Mieux vaut viser en amont du but, de façon à compenser la dérive. Gardez alors deux repères alignés devant vous : tant qu’ils restent alignés, votre route réelle est droite.

Certains kayaks portent une dérive, fixe ou relevable, qui limite l’effet du vent latéral. Le gouvernail aide aussi à tenir un cap, sans dispenser de corriger la route. Le réglage des appuis qui le commandent est expliqué dans notre page sur les cale-pieds.

Pour comparer les modèles disponibles, vous pouvez parcourir les atlas des courants de marée sur Amazon (lien affilié).

Utiliser les courants

Les kayakistes expérimentés se servent aussi des courants. Derrière un rocher ou une jetée, un contre-courant permet de remonter sans effort. Le long de la côte, le courant s’affaiblit souvent près du bord. Les techniques héritées de l’eau vive, comme le bac pour traverser une veine de courant en se décalant latéralement ou la reprise de courant pour pivoter, demandent un apprentissage encadré. Un club affilié à la Fédération française de canoë kayak peut vous y former.

Planifier une traversée avec le courant portant, ou à l’étale, permet de gagner du temps et de l’énergie. Calculez l’heure de passage dans les zones les plus exposées, et gardez une marge pour les imprévus.

Pour estimer vos temps de parcours, consultez aussi notre page sur la vitesse d’un kayak de mer et les autres fiches de la rubrique Techniques.

Le guide du kayak depuis 2010 : types de bateaux, équipement, techniques de pagaie, météo et sécurité, pour pratiquer en mer, en rivière, sur un lac ou en randonnée.

Quel kayak est fait pour vous ?

Rubriques

Guides villes

Le site