Kayaks traditionnels

Bien avant les coques en composite et en polyéthylène, les peuples de l’Arctique ont conçu des kayaks d’une efficacité remarquable avec très peu de ressources. Bois flotté, os, tendons et peaux de mammifères marins suffisaient à construire des bateaux légers, maniables et peu sensibles au vent. Aujourd’hui encore, ces embarcations restent pour beaucoup l’archétype du kayak de mer. Cette page présente leurs principes, leur construction moderne et le profil des pagayeurs à qui elles conviennent.

Elle fait partie de la rubrique Kayaks, qui compare les grandes familles de coques. La suite du sujet est traitée dans notre second volet sur les kayaks traditionnels.

Un bateau construit autour du chasseur

Au Groenland, en Sibérie ou dans les îles Aléoutiennes, le kayak était un outil de chasse. Sa forme découlait directement de la morphologie de celui qui le pagayait. La longueur, la largeur au niveau des hanches et la hauteur du pont se calculaient à partir des mesures du corps. Le bateau devait réunir plusieurs qualités : légèreté pour être porté, manœuvrabilité pour approcher le gibier, faible prise au vent et stabilité suffisante pour lancer un harpon.

Kayak inuit historique, document ancien
Photo : Captain Edward Augustus Inglefield, Public domain, via Wikimedia Commons. Photo d’en-tête : Thomas Quine, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

Cette approche sur mesure explique la diversité des formes. Chaque région, et presque chaque constructeur, avait ses propres lignes, adaptées aux eaux et aux usages locaux.

La construction peau sur armature

Le principe reste le même depuis des siècles. Une armature légère, formée de lisses longitudinales et de membrures cintrées, est assemblée par ligatures plutôt que par clous ou vis. Cette souplesse permet au bateau de travailler dans la houle sans se rompre. L’ensemble est ensuite recouvert d’une peau tendue.

Les reproductions actuelles adaptent les matériaux. La peau de phoque a laissé la place à des toiles de coton enduites ou à des tissus synthétiques résistants, et l’armature est le plus souvent réalisée en bois résineux. Les techniques de cintrage à la vapeur et de ligature sont décrites dans plusieurs ouvrages spécialisés, en français comme en anglais.

Construire son propre kayak

Des artisans et des associations de passionnés organisent des stages de construction. Le participant repart en général avec un bateau taillé à ses mesures, après plusieurs jours de travail encadré. C’est aussi une manière de comprendre en profondeur le fonctionnement d’une coque.

Pour un projet personnel, renseignez-vous auprès des clubs affiliés à la Fédération française de canoë kayak, où se retrouvent souvent les amateurs de kayak traditionnel et de pagaie groenlandaise.

Ces bateaux ne se ressemblent pas tous. Les modèles inspirés du Groenland sont en général bas sur l’eau, avec un pont plat et des extrémités relevées. Ceux des Aléoutiennes, souvent appelés baïdarkas, ont une étrave fendue caractéristique et pouvaient compter deux ou trois places. Les constructeurs actuels s’inspirent de relevés de bateaux conservés dans des musées, puis ajustent les cotes au pagayeur. Le choix d’un modèle dépend donc autant de l’usage prévu que de l’histoire qui vous attire.

Points forts

  • une ligne élégante, fidèle à des formes éprouvées
  • un bateau sur mesure, ajusté au corps du pagayeur
  • un poids très faible, facile à porter et à charger
  • une coque étroite et basse, appréciée pour l’apprentissage de l’esquimautage
  • une peau réparable avec des moyens simples
  • un coût de matériaux raisonnable pour qui le construit lui-même

Limites

  • une construction qui demande du temps et un minimum d’habileté
  • une stabilité initiale réduite du fait de la faible largeur, qui convient mieux à un pagayeur confirmé
  • une peau plus vulnérable aux chocs contre les rochers qu’une coque composite
  • peu de volume de chargement, souvent sans cloisons étanches d’origine

Naviguer en mer avec un kayak traditionnel

Un kayak traditionnel reste soumis aux mêmes règles que les autres embarcations propulsées par l’énergie humaine. La Division 240 du règlement annexé à l’arrêté du 23 novembre 1987 (ministère de la Mer) fixe les conditions de navigation selon l’éloignement d’un abri. Au-delà de 300 mètres, le bateau doit notamment permettre de remonter à bord après un chavirement. Faute de cloisons étanches, prévoyez des réserves de flottabilité, par exemple des sacs gonflables à l’avant et à l’arrière.

Un kayak traditionnel bien construit n’est pas un objet de musée. Il se pagaye, se chavire et se répare, à condition de bien connaître ses limites. Pour comparer avec les autres familles de coques, consultez nos pages sur le kayak en bois et sur le kayak rigide en composite, ou revenez à la rubrique Kayaks.

Le guide du kayak depuis 2010 : types de bateaux, équipement, techniques de pagaie, météo et sécurité, pour pratiquer en mer, en rivière, sur un lac ou en randonnée.

Quel kayak est fait pour vous ?

Rubriques

Guides villes

Le site